Parc national des Virunga

Le Parc national des Virunga, jadis Parc Albert, est le plus ancien parc national de la République démocratique du Congo et d'Afrique. Créé en 1925, il est très riche par sa faune et sa flore. Le parc est situé dans l'est de la République démocratique du Congo et couvre en partie les montagnes des Virunga, près du Rwanda et de l'Ouganda. Il présente l'une des densités de population les plus élevées d'Afrique, avec plus de 400 hab./km2. En 1979, il est consacré patrimoine mondial pour son exceptionnelle biodiversité. Il est également désigné site Ramsar depuis 1996. Le directeur actuel est le prince Emmanuel de Merode.
Le parc national des Virunga doit sa création à deux faits marquants qui l'ont précédée. Au départ, c'est la préexistence des réserves de chasse de l'État indépendant du Congo ainsi créé par le Roi Léopold II dès 1889, pour protéger les éléphants contre les destructions inconsidérées. Ensuite l'idée du naturaliste américain, Mr Carl Akeley dont la tombe est située dans le parc même, de créer un sanctuaire aux Virunga, à l'issue de sa mission d'exploration effectuée au Kivu en 1921. Créé le 21 avril 1925 sous le nom de parc Albert, le parc national des Virunga est le premier parc d'Afrique du point de vue ancienneté.
L'exploration scientifique du parc a débuté en 1933 avec les missions dirigées par Gaston-François de Witte et par Peter Schumacher. Elle s'est poursuivie avec les missions d'Hubert Damas en 1935-1936, Louis van den Berghe en 1936, Jean Lebrun et de F. Bourlière et Jacques Verschuren de 1957 à 1959.
Depuis 1994, des groupes armés s'y sont repliés, massacrant les hippopotames à la mitrailleuse. En vingt ans, leur nombre a chuté de 29 500 à 400. Leur extinction probable risque aussi d'entraîner la disparition des poissons dans les lacs, car les hippopotames fertilisent les eaux. Seule bonne nouvelle, la population de gorilles de montagne, elle, a augmenté de 50 % dans la même période.
Son directeur, le Belge Emmanuel de Merode a été victime d'une embuscade armée sur la route entre Goma et Rumangabo le 15 avril 2014, lors de laquelle il a été très grièvement blessé par balles. Certains y voient une conséquence du conflit latent avec la société d'exploration pétrolière basée à Londres, Soco International à propos de laquelle Emmanuel de Merode venait de déposer un dossier résultant d'une longue enquête auprès du procureur de la République à Goma Le jeudi 22 mai 2014, il a annoncé son retour à la tête du parc lors d'une conférence de presse au siège de l’ICCN à Rumangabo.
Les gardes sont également les victimes des braconniers. Ainsi, en 20 ans, plus de 170 d'entre eux auraient été assassinés en luttant contre les braconniers. Le 24 avril 2020, alors que le parc est fermé pour les visiteurs, douze rangers et cinq civils sont tués au cours d'une attaque pas des rebelles rwandais hutus. Un treizième décès est comptabilisé parmi les rangers qui venaient en aide à la population locale ; c'est l'une des attaques les plus meutrières connues par le parc.